Singularités et identités

Nos singularités, une mise en question individuelle au-delà des normes sociétales.

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L’étymologie du mot prend sens dès le 12e siècle, où « singulariteit » signifiait « une manière extraordinaire d’agir, de penser, de parler », donc une manière « hors ordre » d’agir, de penser, de parler.

Nous sommes « Singularités » : des êtres uniques, qui avancent dans la vie, avec nos propres désirs, notre propre vision/recherche du bonheur. Nous sommes également pluriels : des êtres sociaux qui se construisent avec les autres, qui établissent des codes sociaux, ethniques, sociétales.

Cette pluralité nourrit l’individu et sa singularité. C’est ainsi que nous forgeons notre identité.

L’économie de nos singularités

Plus les normalisations de nos sociétés se développent, normalisations qui peuvent étouffer et prendre le pas sur nos singularités, et plus notre singularité se déploie vers des chemins autres !

Car notre singularité est là, au quotidien et s’exprime en de multiples facettes, propres à chaque individu. Aujourd’hui, on l’entend dans les demandes de liens en entreprise : besoins de plus en plus vitaux de Reconnaissance , de « pouvoir être nous-même », de se Réaliser dans son travail, etc…

Elle permet de nous différencier de notre voisin et participe à une identité sociale. Rusé comme un renard, fier comme un paon, avoir un œil de lynx, … Sont autant de qualités et de défauts qui définissent par essence une part de nous.

Expressions un peu simples de ce qui doit rester une petite flamme qu’il nous appartient de découvrir, de nourrir et d’apprécier, sinon nous prenons le risque de perdre ce sentiment si intime de Liberté :

Nous sommes libres parce que nous sommes des singularités nés au hasard de l’histoire et du désir  JULIA KRISTEVA

Car force est de constater que progressivement certaines normes sociales et sociétales nous amènent à nous montrer « tous pareils », dans ce monde où la pulsion scopique envahie tous nos autres sens.

Les réseaux sociaux en sont les parfaits exemples.

Comment conserver sa singularité lorsque la demande du plus grand nombre s’attache à présenter des vies fantasmées et idéalisées, bien éloignées de nos réalités quotidiennes ?

Pour sortir de ces enfermements socio-médiatiques, nous pouvons décider d’inscrire « ailleurs » de façon plus intime, une part de nos personnalités, de nos valeurs, de notre histoire. Le tatouage des corps, expression individuelle utilisée par un grand nombre, peut être un vecteur pour dévoiler ou pas… Nos pensées personnelles, notre regard sur l’art, notre lien à la beauté, nos choix esthétiques, etc… C’est une façon d’exprimer nos singularités.

Et dans le monde de l’entreprise, nous courrons bien sûr le risque de les étouffer jour après jour. Et pour quelles économies ?

Bien souvent celles du « mal-être », d’une vie « sans sens », d’un « vide » existentiel qui creusent les lits des risques psycho-sociaux.

C’est pourquoi aujourd’hui, nombre d’Entreprises très conscientes de ces évolutions et de ces nouveaux équilibres à trouver vont miser sur des organisations où sera pris en compte la singularité des salariés.

Voir l’entreprise au singulier

Les entreprises, comme toutes personnes physiques, ont tout intérêt à affirmer leurs singularités auprès de leurs clients, prospects et de leurs salariés.

Travailler sa singularité, c’est un formidable levier pour se détacher de la concurrence.

L’efficience est au rendez-vous quand les organisations, certes rationnelles, sont régulées avec les singularités de ses salariés. Ces nouvelles organisations, par le fait d’entendre et de répondre à ses salariés, évitent les ruptures entre les dirigeants et leurs salariés. On peut alors capitaliser, développer, et surtout avoir une constance des forces de l’entreprise. Ces diverses forces (économiques, managériales, sociales, etc …) forgent une culture d’entreprise qui contribue à la fierté d’appartenance.

L’entreprise peut être un écrin bienveillant où nous pouvons révéler nos ressources personnelles dans des organisations collectives à condition de ne pas oublier la puissance de la qualité des liens relationnels à chaque niveau des organisations. Si on ne tient pas compte des singularités, on efface l’autre, autre qui se réduit. Ce qui réduit aussi ses capacités à mettre ses compétences au service du projet de l’Entreprise.

Manager avec bienveillance, c’est mettre en œuvre cette attention à l’autre. Notre lien à l’autre est la première pierre pour édifier la confiance dans et avec nos équipes. La qualité relationnelle de tous s’en trouvera renforcée et dans chaque changement organisationnel, chaque acteur de l’entreprise peut trouver sa place plus facilement.

Un management bienveillant est efficient » et « travailler avec les singularités de chacun, c’est s’assurer d’un gain en performance et en souplesse. ANNELYSE GUILLAUME – La singularité en management.

A propos de l'auteur :

CONSULTANTE RH et PSYCHANALYSTE, j'accompagne les femmes et les hommes de vos équipes pour un mieux vivre ensemble au travail.

a écrit 23 articles sur le blog du cabinet RH.